Bilan 2018

Somewhere
Somewhere over the rainbow. 

Ce fut une année étrange.

Il me semblait qu’hier encore je travaillais sans arrêt, avec l’objectif de finir mes dossiers avant les fêtes de 2017, puis de dormir pendant toutes les journées fériées. J’étais débordée de travail, mais tous mes rêves me rapprochaient du jour de l’an à New York et j’étais contente, malgré la fatigue. Cela en a valu la peine, au fait. Ça été début d’année glacial dans une ville fantastique, mais stressante. Un peu plus tard, avec un cher ami, nous avons fait notre liste de souhaits pour l’année à venir, avec beaucoup d’attentes et aussi immense espoir en l’avenir. Nous étions satisfaits.

Je me sentais tellement déçue il y a quelques jours. Il me semblait que je n’avais rien accompli. D’abord, je suis sans emploi, sans amour(s) et j’ai eu plusieurs problèmes de santé l’un après l’autre. Je dirais sans doute que cette année a été la plus dure de ma vie dans ce pays. Parfois plus difficile que quand je suis arrivée et que j’avais de la misère à parler et comprendre une langue que je n’avais pas le moindre intérêt d’apprendre, maisqui était capitale à ma survivie ici. Je détestais la solitude, l’absence de ma famille, travailler de nuit pendant l’hiver, ne pas avoir d’amis…

Ceci a été une année vraiment dure. Il avait des moments où j’ai été tellement fâchée contre tout, où je pensais que je ne serais pas capable de survivre dans cette ville, frustrée contre les gens qui semblaient ne pas me comprendre, absolument frustrée contre l’amour qui avait l’air de n’être qu’une mauvaise blague, chaque fois plus décevante que l’antérieure. À un moment, je me suis assise désespérée dans ma salle à manger et je me suis mise à pleurer de fureur et frustration.

Mais je me suis dit : qu’est-ce que je dois apprendre? Qu’est-ce que j’ai déjà appris? Et les réponses sont apparues, doucement.

Voilà que je me débrouille dans trois langues (ce qui était incroyablepour moi quelques années auparavant), je comprends la façon de fonctionner du marché de travail et la culture québécoise ( les deux les plus compliquées au Canada, pour vrai), et je sens que je fais vraiment partie de cette région et de ce pays. J’ai un toit sur ma tête, une boisson chaude sur ma table de travail, des amis qui me donnent temps et encouragements lorsque je me sens accablée. Eh oui, je sens le temps passer plus rapidement qu’avant, maisj’apprends plus rapidement à lire l’intérêt des gens, je comprends beaucoup plus qu’avant l’importance de la solitude qu’on s’impose à soi-même, plutôt que les autres sur nous. Bien sûr, je comprends mieux les actes de bonheur et j’apprends que c’est à eux qu’on doit le trésor dans notre cœur.

Mon année n’a pas finie, fiou, il reste encore quelques semaines. Ç’a été une année d’épreuves, les unes après les autres! Mais, c’est une année où j’ai compris que j’ai survécu à un parcours incroyable. Je peux maintenant me donner la permission de rêver, même s’il y a des gens qui me l’interdisent, car la vie est courte et ces gens n’ont pas d’emprise sur moi. C’est une année où j’ai pris de bonnes décisions, malgré la souffrance, car j’appris beaucoup des choses à mon sujet et je me sens (douloureusement) fantastique grâce à cela. J’ai appris à abandonner des situations qui me causaient malheur, même si tout le monde me disait d’y rester. J’ai réussi à laisser partir des gens qui ne m’aimaient pas, même si mon cœur se brisait terriblement. J’ai appris à oublier les idées noires et à embrasser tout ce que je suis maintenant capable de faire, parce que je le mérite, car je suis une guerrière, car je peux le faire. Puis, comme j’avais dit il y a plusieurs années de cela : je suis ici pour fleurir. Voici venir la période avant ma merveilleuse renaissance.

Pensez comme ça quand vous vous sentez déprimées au sujet de vos listes de souhaits « en faillite ». Vous êtes en train d’apprendre à vivre.

Bonne année 2019!

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Finale

Muse, je ne pouvais pas dormir. Après notre incident au milieu de la station centrale du métro cette nuit-là, je me sentais vraiment idiote. Je me suis aperçu que tous mes efforts pour rester neutre avec toi avaient échoué misérablement et que maintenant j’étais de toute évidence, amoureuse de toi. Exactement ce que je voulais éviter coûte que coûte.

Tu étais assez mal à l’aise car je t’avais laissé seul sans finir ton affaire. Tu avais perdu une occasion de remplir ton carnet et ça te laissait maladroit. On a essayé d’être courtois et de rester amis, mais c’était certain que tu n’avais pas d’intérêt à côtoyer quelqu’un qui faisait tout l’effort pour cacher son intérêt pour toi et qui, en plus, avait reculé assez désastreusement. Quelle sorte d’idiote ferait une chose comme ça? Quelle sorte de femme perdrait l’occasion de passer un bon moment avec toi, Superman?

Moi, je ne savais comment guérir mon cœur (et mon amour propre) en attendant tes efforts inexistants. On a mis de la distance, même virtuelle, et ce symptôme d’abstinence me désespérait.

J’avais besoin de boucler la boucle, pour moi… et peut-être pour toi. Je ne pouvais être sans toi et en même temps, je m’enfermais en t’attendant. Je m’étais aperçue de l’urgence de cet effort la dernière fois que je t’avais rencontré avec nos amis : je tremblais en ta seule présence. C’était une sensation de faiblesse inattendue et épouvantable. Je devais arrêter de l’éprouver. J’avais besoin d’une guérison extrême, d’une amputation.

J’ai cherché comment le faire. Peut-être un acte exagéré de ma part, pour sortir théâtralement de ta vie et revenir à mes sens? J’ai choisi ça: te reprocher de ne pas être pas là quand je te le demandais, comme si j’étais ta blonde. Malade, non? Génial!

Hé ben oui,  ça a bien marché. J’ai eu le dernier mot, comme toujours. Je l’ai fait pour te faire sentir soulagé de ne pas avoir eu plus de moi qu’un baiser, et te faire croire de toute évidence que je suis une folle dangereuse.  Plutôt que tu comprennes vraiment que la fille qui t’a écrit tous ces billets de blogue n’arrête pas de rêver à toi, et probablement ne cessera jamais de le faire.

Et je l’ai fait… je t’ai laissé partir, même avec un nom, choisi pour toi, Muse.

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On garde l’amour pour une occasion spéciale

Nous nous sommes rencontrés. Je t’ai aperçu dans la multitude, mais j’étais trop timide pour t’annoncer que je venais d’arriver. Je me demandais quand j’aurais l’occasion d’avoir un moment tranquille avec toi, au milieu de la folie des gens qui parlaient, de la musique étourdissante, du tintement des verres pleins et des visages anxieux des amoureux. Ça s’est finalement passé plus tard dans la soirée.  C’était bref, simple. Tu me racontais ta vie et tu me demandais aussi de te raconter la mienne. Je t’avais presque tout dit, mais j’ai caché que ce que je sentais pour toi. J’avais écouté attentivement quand tu parlais et j’avais compris ce que tu es, à l’endroit où tu vas. Je t’ai encouragé à trouver ta motivation, ta raison d’être ici. Une raison assez forte pour ne pas tout laisser tomber, malgré le mal du pays et les souvenirs d’un amour qui n’a pas fonctionné. On s’est dit des plaisanteries pour bien finir la conversation. Le café où nous étions fermait. On devrait y retourner chacun chez soi. On a marché rapidement jusqu’au métro.

J’étais tranquille, j’étais en paix. Apparemment.

Mais quelque chose s’est passé avant de se dire au revoir…

Je t’ai embrassé!  ZUT.

Je ne sais pas quelle force s’est emparée de mon corps et lui a fait faire cela! C’était comme si mon cerveau s’était éteint et que je fonctionnais avec le souffle de vie de mon corps pendant ce moment complètement étrange. Et pire, ça m’a fait prier les dieux pour que le temps s’arrête! Au milieu de la station centrale! On aurait dit une scène d’un film classique: deux personnes empêtrées dans un baiser qui ne finissait pas. Et je suis priée que le temps s’arrête seulement pour cette situation inattendue de ta part. Or pour moi, c’était inévitable car je ne pourrais pas continuer à vivre dans cette galaxie sans connaître la saveur de tes lèvres, sans sentir la douce odeur de ton cou. Je devrais revenir à la vie avec la chaleur de ton corps! J’ai pris le courage de découvrir tout ça, malgré mon horrible timidité. Je me suis lancée sans parachute, de façon desespérée sur toi.

Tu étais vraiment surpris… mais tu n’as rien fait pour arrêter ça. Tu m’as demandé si ce baiser était amical. Non. Il ne l’était pas, ma Muse. L’amour qui s’y cachait, timide,  déguisé en passion. Et je n’ai pas le courage de dire à mon coeur qui doit laisser tomber. Donc, on garde l’amour tranquille dans ma poche, pendant que j’écris ces chroniques et on les démêlera dans une occasion spéciale, mais pas à toi, c’est certain. Calme-toi, Muse. Pour toi c’était simplement un bisou. Pour moi, c’était la fin du monde, mais je suis encore vivante.

Je suis encore… en vie.

Calme-toi. Je trouverai la façon de te débarrasser de moi. Je te le promets.

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Bleu

Tes yeux me transpercent, Musa. J’essaie de ne pas les rencontrer. Je parle du climat, de la difficulté des immigrants à s’adapter, de mes plans pour la fin de semaine avec mes amis, du film qu’on va regarder demain, du climat encore une fois…

 

Je remarque tes ongles rongés, tes mains crispées pendant nos conversations de groupe et tes doigts qui arrachent les objets avec anxiété, et je voyage en silence dans le plus profond de ma tête, pour te fabuler.  Mais souvent je me distrais et j’atterris encore une fois dans tes yeux apparemment translucides, mais qui ne me révèlent rien, sauf une étrange et visible peur de me questionner sur ce que tu veux vraiment connaître. Bien sûr, muse, j’ai aussi peur de te réponde car je ne sais pas mentir. Je sais seulement changer la conversation, clore les sujets, te demander de me raconter ta vie et ainsi te faire oublier l’intérêt à savoir si je t’attendais. Je maîtrise l’art de t’éviter.

 

C’est une tâche stressante, tu comprends.  Je prends tout l’effort de penser que ça va fonctionner, que je vais finalement t’oublier, qu’il y a autres problèmes vraiment plus urgents à résoudre que toi. Donc, je fais de mon mieux pour être indifférente, mais quand tu me parles, ou me touches par accident, je me sens mourir. J’ai du mal à cacher que tu as le pouvoir sur moi. C’est décourageant.

 

Peut-être que la chance sera avec moi et que je pourrai me débarrasser de ce sentiment plus rapidement que ces textes; que je finirai de les écrire et que tu seras un souvenir de l’hiver froid de cette ville pleine des gens qui ne veulent plus être seuls.

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Ce cauchemar

Ma chère Muse, je me suis réveillée en sursaut à l’aube, avec le cœur dans la gorge. J’avais rêvé avec toi. Pas exactement ça. Sans toi.

 

Dans mon rêve, je me souviens d’avoir regardé mes messages sur mon téléphone cellulaire et je n’étais pas capable de trouver ton numéro, même ton contact. Je le cherchais frénétiquement pour une raison inattendue, et je désespérais. Tu n’étais pas là.

 

Je me sentais tellement perdue. Je pensais que tu me détestais, que tu ne me parlerais plus jamais comme d’habitude, pour ne rien dire, que tu n’attendais pas mes réponses avec sarcasme. Que tu n’aurais pas le moindre intérêt de savoir si notre groupe commun d’amis avait quelque chose à faire en fin de semaine.

 

Car ça y est le truc avec toi: tu apparais et disparais à ton gré. Cependant, j’essaie de faire ma vie normalement, si c’est possible après t’avoir rencontré. Car tu as bouleversé mes plans de tranquillité, d’ordre et progrès. C’est grave.

 

Donc, au lieu de t’envoyer un message pour savoir si tu es encore là et me vendre complètement comme une folle, j’ai ouvert mon cahier mauve et j’ai écrit de la poésie. C’était extraordinaire, ma muse! Je ne le faisais plus depuis que je suis venue ici, dans enfer blanc. Le Loup était resté même avec cette partie de moi, et je ne savais pas comment la récupérer.

Mais toi, ton absence m’a apporté ça. Une incroyable poésie en anglais que tu jamais ne liras.

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La Muse est apparue

Hélas. J’ai eu une semaine à oublier. J’ai mal dormi trois jour sur cinq, j’ai reçu de mauvaises nouvelles professionnelles et je n’ai pas perdu de poids malgré ma diète stricte. Je me suis senti vieillir chaque jour. Je me suis sentie tellement seule, inquiète, défectueuse.  Tellement découragée.

Cependant, La Muse est apparue.

Je le nomme « La Muse », car c’est à lui que j’écris maintenant, dans mes trois langues, tu sais. Je suis certaine qu’il ne me lit pas, très occupé à ses affaires, très concentré sur luimême. Mais telles choses me contentent, car il découvrira tous ces textes trop tard, si j’ai de la bonne chance. Donc, j’écrirai plusieurs chroniques qu’il ne connaîtra jamais, et dont bien sûr que vous profiterez à lire. Je sais que vous n’aurez aucune façon de l’en aviser, que ce casse-tête est fait pour me cacher et lui cacher que je l’observe toujours, comme une vraie “stalker” et que ça me plaît beaucoup. Je vais lui faire croire qu’il ne m’intéresse pas, que je suis dans ma bulle. Mais je le regarde, avec le cœur serré, lorsqu’il se consacre à la chasse d’autres femmes plus disponibles (plus jeunes et intéressantes) que moi.

Ma Muse.

Ben oui, je vais lui écrire. Je lui raconterai toute ma vie, tout ce parcours qui m’a conduit jusqu’à ce moment parfait où j’admets que je suis la pire amoureuse du système solaire et que je n’ai que mes textes pour m’exprimer. Ces sont les uniques espaces de (i) réalité dans lesquels j’habite. Avec lui. Avec mes paroles qui fleurissent, comme d’habitude, pendant tout le temps que j’entends leurs conversations qui ne sont pas pour moi. Je ferai tout ça au lieu de devenir folle pour lui, au lieu de perdre ma cohérence, mon sang-froid, quand je le parle. Au lieu de tout lui dire, tout ce que je veux lui déclarer, fiévreuse. Au lieu de dire lui dire en face ce qu’il ne pourrait jamais croire…

En échange de tout ça, le silence, les banalités, l’indifférence.  Je suis devenue une comédienne compétente, et maintenant (et pourtant), j’ai une muse… et je le remercie de son existence.

*Avis: Ces histoires en français pourraient être ou non réelles.

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Le Loup et la Muse

Ma chère muse, tu n’as pas encore de nom. Tu es simplement La Muse (comme ça, en majuscules), et c’est tout. Peut-être que toi, La Muse,  tu gagneras (ou annonceras) ton propre nom, un nom plein de lumière ou d’ombre. Un nom qui t’identifie parmi les autres muses qui existaient avant toi.

 

Parce que c’est vrai, ma Muse, il y en a eu deux autres comme toi. La première muse est devenue éternelle, car c’est elle qui a déclenché toute cette affaire, mais elle est perdue dans ma mémoire et ne mérite plus que l’on parle d’elle. Elle s’appelait elle-même « L’Ornithorynque » et elle défiait toute ma capacité intellectuelle, pour finalement mourir, déshonorante, aux bras des autres femmes. Je me souviens avec amertume — et peut-être avec l’incrédulité — de lui. Pas plus que ça. Mais j’étais jeune, et mes poèmes se succédaient dans un flux interminable. Je lui ai dédié ce livre de poésie, douloureux, mais exorcisant : et après l’avoir publié, comme si elle était un mauvais accouchement, j’ai enterré cette muse sans pitié. Je renaissais comme un phénix.

 

Mais la deuxième…

 

La deuxième était un loup. Il était un loup d’argent, plein de fierté. Orgueilleux de ses racines, de sa race, de son ADN furieux, même s’il était né près d’un lac. C’était était un loup qui défiait la gravité, qui remontait jusqu’en haut des Andes, et au sommet, regardait vers l’infini. Il était rarement au le niveau de la mer, tranquille; il semblait toujours en train de bouillir. Son état naturel était un feu interminable, inextinguible. Sa manière de m’observer me traversait, même à distance. Car Le Loup était intelligent, était perceptif. Car il me connaissait comme la paume de sa main. Il m’agitait, il me calmait, il me faisait l’aimer sans remords.

 

Le Loup écrivait aussi! Même si sa langue maternelle n’était pas la mienne, il la maîtrisait. Il me donnait les textes les plus incroyables qu’une femme ait reçus dans sa vie. Il me faisait rêver avec des phrases. C’était comme si tout son corps se donnait dans un texte. Il était à moi. Du moins, je le croyais.

 

Mais je te disais, Le Loup, ce magnifique loup que m’avait ordonné de le rencontrer à l’autre bout du monde — sans même comprendre que mon aventure ici était aussi une façon de lui montrer que je deviendrais la femme qu’il méritait —, il m’a quittée avant de venir ici. Je vais te dire un secret : je continue à sentir sa présence, les nuits froides, quand je suis à l’extérieur. Je le sens encore crier au loin, affamé. Cependant, je comprends que tout est dans ma tête, qu’il ne viendra jamais me chercher comme le prince d’un film romantique.

 

Je sais que je marche seule, mais pas solitaire. Je sais que je suis mes expériences, mauvaises et hallucinantes comme des épiphanies. Je suis Légion, ce groupe de démons qui parlent tous en même temps et te font peur quand tu me regardes dans les yeux. De cette manière je me sens forte, malgré les cicatrices qui couvrent mon corps; toutes ces blessures ont été faites par ces deux muses, parfois cruelles, parfois nécessaires pour ce parcours que je fais. Je suis certaine que tu m’en fera d’autres, mon amour. Je serai aussi fière d’elles, car ce sont des expériences qui me montrent jusqu’à quel point je ne suis pas la fille qui est partie de la maison parentale autrefois. Je me retrouve dans ce miroir qui va à la dérive, qui ne reflète rien qu’à moi-même… mais qui te regarde.

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Le défi d’écrire dans une autre langue

Voilà!

On va commencer le 2017 un peu tard, mais avec un texte écrit entièrement en français. Qu’est-ce que ça veut dire? Voici un texte qui n’est pas traduit, qui a été spécialement créé et pensé en français. Ce n’est pas facile pour moi, car le français est une langue que j’apprends depuis 2009 et c’est plus un défi quotidien qu’un apprentissage. C’est le défi de penser et de participer à une culture qui m’était encore inconnue huit ans auparavant.

L’idée n’est pas seulement de publier un billet de blogue en français pour que les gens puissent s’apercevoir que je suis — effectivement — capable de rédiger et exposer mes idées en français aussi. C’est aussi une déclaration sérieuse au sujet de mon rêve : être capable d’écrire des textes créatifs, d’exprimer mes pensées dans des langues qui ne sont pas ma langue maternelle (j’ai déjà commencé avec l’anglais et vous pouvez le lire ici). C’est quelque chose, je dois le dire, car il s’agit de « traduire » mon cerveau directement dans une autre langue. Au lieu d’écrire en espagnol, langue maternelle que je maîtrise (j’ai publié un livre de poésie et j’écrivais pour un journal dans mon pays d’origine, donc je sais de quoi je parle), je veux essayer de vous « livrer la marchandise » tout de suite, ici. Comme ça.

Et c’est que je veux affirmer : écrire dans une autre langue est un défi majeur. Il faut s’en éprendre, puis travailler fortement pour être capable de raconter des histoires et aimer faire découvrir des cultures lointaines aux gens, leur faire connaître d’autres réalités. Ces autres mondes qui pourraient habiter le cerveau de l’écrivain (moi) au-delà les frontières de la francophonie. Écrire dans une langue qu’on vient d’apprendre, c’est offrir le cadeau de voyager avec un texte, avec une poésie. Un vrai travail d’illusionniste réalisé par l’auteur, qui observe ce monde d’une façon différente.

En fait, c’est le cadeau. Ceci. On se parle, mais bien sûr, on va se lire.

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Multilingue

Il y a quelques semaines, j’étais en rencontre avec la coordonnatrice des communications de l’entreprise où je travaille. Le but était de trouver de nouvelles idées à développer dans notre stratégie Web. Nous étions assez inquiètes en raison de la pénurie d’informations reliées à notre secteur disponibles dans la langue d’usage ici, le français. On nous avait déconseillé de partager des informations dans une autre langue que le français, un sujet délicat dans cette zone du Canada. Cependant, la rareté de contenus étant bien réelle, nous devions trouver d’autres manières d’approcher ces contenus spécifiques développés et vulgarisés en anglais, mais pas en français. Donc, nous avons décidé, après l’analyse de notre “Target” (audience cible), de partager certains contenus, même s’ils n’étaient pas rédigés dans la langue officielle de la région.

Nous avons trouvé que notre audience cible commence de plus en plus à changer. Les utilisateurs sont de plus en plus jeunes et très connectés et ont la capacité de lire dans l’autre langue officielle du Canada, soit l’anglais.

Si vous croyez que cela pourrait être votre cas, ou si vous souhaitez améliorer votre fil d’actualités sur les réseaux sociaux, vous devez considérer les points suivants:

  • Langue: Votre clientèle habite-t-elle dans une région/ville bilingue? Parle-t-elle autre langue? (par exemple: étudiants de langues, communautés d’immigrants, etc.)
  • Âge, expérience culturelle de votre clientèle: Votre clientèle est-elle constituée de « natifs numériques » ou de Baby-Boomers? S’agit-il d’une génération intermédiaire? Quelques groupes sont plus habitués à une langue seconde.
  • Exclusivité: êtes-vous sûr que vous ne pouvez pas trouver ces informations dans la langue couramment utilisée? Parfois vous voulez partager de l’information utile avant votre compétiteur. (exemple: présentations des produits, évènements spéciaux, actualités courantes, etc.)
  • Popularité, simplicité, pertinence: Cette information est-elle facile à lire? Votre clientèle la trouvera-t-elle importante?
  • Périodicité: À quelle fréquence partagerez-vous ces informations? Une fois par jour? Une fois par semaine?
  • Commentaires en partageant: Il est préférable de le faire dans la langue courante de vos réseaux sociaux, sauf si vous maîtrisez l’autre langue. Il est recommandé de faire des commentaires concis.

Je n’en suis pas à ma première expérience multilingue. En effet, j’ai commencé à partager des contenus dans diverses langues dans les réseaux sociaux de l’UCSS (Pérou), où les étudiants étaient capables de lire des contenus en Espagnol, Anglais et Italien (les fondateurs de l’Université étaient italiens et ils ont partagé leur culture avec les étudiants). Maintenant, ils pourraient aussi consulter des contenus en Quechua (deuxième langue officielle du pays), langue incluse dans le curriculum de cette université. Les étudiants étaient surpris au départ, mais ces contenus furent ensuite pris comme une façon de pratiquer et de conserver la maîtrise les langues apprises.

Malheureusement, il n’en reste plus d’exemples en ligne à présent. Toutefois, j’essaie de poursuivre cette initiative dans mon site Facebook et une autre fanpage à laquelle je collabore, soit la Silla Éclectica (la Chaise Éclectique). En conclusion, prenez note de ceci: votre clientèle appréciera votre capacité à trouver des informations pertinentes et surtout, de les partager à temps.

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Contenus, contenus

On parle souvent de marketing de contenu comme une nouveauté : c’est la possibilité pour une entreprise de livrer de l’information à sa clientèle, pas nécessairement ses propres contenus, en ayant pour objectif de provoquer une réaction spécifique de leur part. Cependant, on oublie que l’idée de diffuser du contenu a été la principale stratégie utilisée par les institutions d’enseignement (et ses collaborateurs) pour promouvoir ce qu’ils étaient capables de faire pour enrichir leur communauté. Qui d’entre nous n’a jamais lu un magazine à caractère scientifique ou des articles rédigés par eux ou leurs collaborateurs? Ces publications ont mis en vitrine la culture générale produite par une communauté et finalement contribuent à la croissance de la société (l’objectif, assez philanthropique).

Pour moi, il est difficile de croire que certaines entreprises n’utilisent pas encore ce concept. Il est tout à fait possible pour une entreprise de seulement l’appliquer en partie en l’intégrant à sa stratégie globale de marketing. Surtout lorsqu’elles ont besoin d’une présence sur les réseaux sociaux, un incontournable maintenant. Si vous désirez bâtir une communauté fidèle et engagée (le fameux « Engagement »), vous devez considérer les avantages que peut apporter le marketing de contenu :

  • Il permet de fidéliser votre clientèle. Elle se sent appréciée parce qu’on lui donne un extra, pas nécessairement tangible, mais assez important pour qu’elle le considère comme une valeur ajoutée, par exemple, un rappel pour une activité.
  • Il permet d’améliorer l’image d’une entreprise. C’est possible d’apporter quelque chose de plus à sa clientèle sans se limiter à ses contenus corporatifs. Votre présence sur les réseaux sociaux deviendra majeure et sa viabilité sera aussi intéressante.
  • Il permet de créer une porte d’entrée vers votre entreprise. L’entreprise devient un espace privilégié d’accès à de l’information intéressante pour sa clientèle, qui aurait pu y accéder d’une autre façon. Cette clientèle aura tendance à toujours revenir pour y trouver des nouveautés.

Il est évident qu’établir une stratégie de marketing de contenu demande l’aide d’un collaborateur agissant comme recherchiste, c’est-à-dire une personne qui connait le secteur économique de votre entreprise et votre clientèle. Cette personne doit aussi être en mesure de comprendre les besoins de votre clientèle (capacité d’empathie) et d’analyser l’information recueillie pour en juger l’importance. C’est ce qui lui permet d’identifier du contenu pertinent pour vos utilisateurs. Cependant, ce type de collaborateur n’est pas un simple gestionnaire de communautés (GC), il agit principalement comme un recherchiste proactif et enthousiaste qui sera capable de trouver pour vous de l’information à partager dans votre communauté. Un GC pourrait occuper ce poste malgré qu’il ne possède pas une formation dans le domaine d’expertise de votre entreprise, mais il serait nécessaire de le former adéquatement. Il est aussi possible d’avoir plusieurs collaborateurs qui alimentent le fil d’information. Ces collaborateurs peuvent même être des employés qui travaillent déjà pour votre entreprise et qui aurait un intérêt pour partager ses connaissances et son expertise avec votre clientèle. Dans un avenir rapproché (ou maintenant), il est possible que les tendances organisationnelles contribueront à augmenter la présence de ces collaborateurs spontanées.

Le marketing de contenu est, peut-être, l’exemple qui démontre que votre information est la meilleure arme pour acquérir votre clientèle. À l’avenir, il faudra le considérer.

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